Aujourd’hui, il y a un vrai tabou autour des suites de couches, de la difficulté que peuvent avoir les jeunes mamans à se remettre du marathon de la grossesse et de l’accouchement. “Notre bébé doit nous rendre heureuse, car la nature a décidé que la femme serait mère avant tout”. Beaucoup d’injonctions sociétales qui entrent en conflit avec nos propres émotions. En plus des maux physiques, on peut facilement perdre pied. La clé de la sérénité réside dans la préparation, afin de vivre son “quatrième trimestre” sans le subir. Pas de panique, c’est difficile, mais on s’en remet très bien, la preuve, on fait même plusieurs enfants !

1. Douleurs aux ventre et désordre intestinal

Tous les organes s’organisent pour accueillir le bébé qui grandit à l’intérieur de l’utérus. Il faut lui faire de la place ! Après l’accouchement, pendant cette période de suites de couches, tous ces organes doivent se repositionner, et même si le corps est très bien fait et que la nature est magique, parfois, cela ne se fait pas sans gêne pour la maman. Douleurs intestinales, aigreurs, spasmes, gaz, selles molles… N’hésitez surtout pas à demandez conseil à un professionnel de santé pour un traitement adapté, et surtout, prenez votre mal en patience et une grosse bouffée de courage : cela ne va pas durer, quelques semaines tout au plus. Mangez équilibré dans la mesure du possible pour alléger la digestion, et surtout, reposez-vous.

2. Les lochies : ces pertes de sang qui semblent infinies

Vous le savez, c’est le symptôme le plus connu des suites de couches, et vous vous y êtes probablement déjà préparée en achetant des protections hygiéniques adaptées : ces pertes de sang sont impressionnantes, mais tout à fait normales. Là aussi, il faut prendre votre mal en patience, car elles peuvent durer 2 à 3 longues semaines. Certaines femmes perdent également des caillots assez importants. Hydratez vous bien, mangez équilibré et privilégiez les aliments riches en fer, pour vite récupérer.

3. Périnée distendu : impression de lourdeur

Ce n’est qu’une fois que l’on a accouché que nous découvrons le formidable rôle de notre périnée. Pour la plupart des femmes, il se trouve alors distendu, après avoir porté les kilos de bébé et du liquide amniotique pendant la grossesse, et subi l’accouchement. Difficulté à marcher trop longtemps, sensations de lourdeur dans le bas ventre, impression que nos organes ne sont pas assez soutenus, fuites urinaires pendant que l’on rit, si on tousse ou on éternue… Ces symptômes peuvent parfois durer bien delà des suites de couches. Pas d’inquiétude : tout cela n’est que temporaire. Après 6 semaines, vous pourrez démarrer votre rééducation périnéale et remuscler votre plancher pelvien. Votre sage femme ou votre gynécologue feront avec vous un bilan complet lors de la consultation post-natale, 6 à 8 semaines après votre accouchement, et sauront vous conseiller sur la méthode la plus adaptée à votre situation.

4. Episiotomie ou déchirements : ça pique !

Il est assez fréquent que certaines femmes connaissent un petit déchirement des muscles à l’entrée du vagin lors du passage du bébé. Certains médecins pratiquent également l’épisiotomie pour aider le bébé à passer, si la situation l’impose. Dans les deux cas, la zone est alors recousue avec des points de suture. A la maternité, les anti douleurs aident, bien qu’il soit parfois difficile d’être confortable en position assise. A la maison, les douleurs peuvent s’intensifier lors de la cicatrisation. Ce processus est tout à fait normal, et les professionnels de santé qui vous suivront en post-partum sauront vérifier que la cicatrisation suit son cours de manière saine. Mon conseil : buvez beaucoup, beaucoup d’eau : moins l’urine sera concentrée, moins elle piquera au contact des lésions. Asseyez-vous sur des poches de glace pour soulager la zone concernée : très efficace.

5. Inquiétude et culpabilité : pourquoi mon bébé pleure ?

Cela paraît trivial, mais lorsque notre nouveau né pleure, nous pouvons très facilement être complètement désemparé. Parfois, il est assez clair que bébé a faim, ou qu’il a chaud par exemple, donc on réussit à le calmer rapidement. D’autres fois, bébé pleure, alors que sa couche est propre, alors qu’il vient de manger, alors qu’il vient de se réveiller, alors que tout semble bien aller… et c’est là que tout peut déraper dans la tête des parents : que se passe-t-il ? A-t-il encore faim ? Peut-être froid ? Son ventre le fait-il souffrir ? A-t-il des coliques ? Un reflux ? A-t-il de la fièvre ? A-t-il un rot coincé ?… Le petit hamster à l’intérieur de leur tête fait tourner sa roue à toute vitesse, et c’est absolument épuisant. Mon conseil : autorisez-vous à ne pas savoir, autorisez-vous à ne pas vous sentir coupable lorsque votre enfant pleure. Câlinez-le, et dites-vous surtout que rien ne dure, tout passe.

6. Babyblues et chute d’hormones

Le babyblues, cette tristesse extrême que peut provoquer la chute d’hormones, est parfois très difficile à vivre pour les mamans. Fatigue, irritabilité, larmes qui coulent sans raison… Gardez bien à l’esprit que ce sont vos hormones qui parlent, et soyez indulgente avec vous-même : vous avez le droit de pleurer, vous avez de droit d’être fatiguée, de ne plus en pouvoir. Avoir un bébé est extrêmement épuisant, et très souvent à des années lumières de ce à quoi on s’attendait. Reposez-vous, déléguez au maximum à votre partenaire ou à votre famille pour récupérer et pouvoir profiter à fond des moments merveilleux que vous offre votre nouveau né.

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